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LA PHYSIO-ONCOLOGIE

physio-oncologie

Auteur : Ariane Pomerleau, pht m.sc

Plusieurs nous questionnent sur le lien entre la physiothérapie et l’oncologie. Voici un résumé qui témoigne de l’importance qu’a gagné l’approche de la physio-oncologie auprès de gens atteints de cancer. Les statistiques le démontrent, le taux de survie en lien avec les maladies reliées au cancer est en croissance. De ce fait, de plus en plus de patients sont amenés à reprendre leur quotidien après les traitements, mais avec des contraintes musculaires et articulaires. La physio-oncologie s’avère être une alliée précieuse pour aider les patients à reprendre leurs activités.

Ariane Pomerleau est physiothérapeute depuis 2012 et elle connait bien tous les défis des patients atteints d’un cancer ou en rémission. Les problèmes résultant des différentes interventions effectuées en oncologie telles que la radiothérapie, la chirurgie ou encore la chimiothérapie sont les suivants :

Le lymphœdème (enflure d’un membre en lien avec une mauvaise circulation)
Les adhérences cicatricielles qui causent une limitation du mouvement
La douleur
La fatigue
Les raideurs musculaires et articulaires
La perte de la masse musculaire due au manque de mobilité du patient
Les mauvaises postures et la crainte de bouger
La perte d’autonomie
Les pertes d’équilibre.
Le lien entre la physiothérapie et l’oncologie réside donc dans la pertinence des manipulations du physiothérapeute auprès de patients atteints de cancer autant avant, pendant et après les traitements.

AVANT LE TRAITEMENT
Selon le traitement choisi, il faut parfois préparer le corps à obtenir une amplitude articulaire suffisante pour faciliter les interventions médicales. À titre d’exemple, à la suite d’un cancer du sein, la radiothérapie doit s’effectuer en plaçant le bras en élévation et cette position devra être maintenue quelques instants. Il est donc important d’avoir l’amplitude nécessaire, afin de permettre au patient de recevoir les traitements. La physio-oncologie intervient donc de façon efficace dans ce type de cas.

PENDANT LE TRAITEMENT
En fonction de la condition du patient, le physiothérapeute peut aider à soulager la douleur et aide à prévenir certaines blessures.

APRÈS LE TRAITEMENT
En prévision d’un retour au travail ou encore au sport, le physiothérapeute, à l’aide de la thérapie manuelle et des exercices, permet au corps de récupérer ses fonctions antérieures.

NOS INTERVENTIONS EN PHYSIO-ONCOLOGIE
Soulager et traiter
Les sources de douleurs en lien avec la maladie du cancer et les traitements sont multiples. Il faut donc bien définir l’origine de celles-ci et voir si elles relèvent du système musculo-squelettique. Différentes modalités de traitement comme les techniques de thérapie manuelle, la thérapie myofasciale ou encore des techniques de massage sont utilisées de façon sécuritaire et elles sont adaptées à chacun. De plus, il est important d’enseigner un programme d’exercices pour favoriser la récupération à long terme dans un cadre de physio-oncologie.

Éduquer
Il est important d’informer et de sensibiliser le patient, afin qu’il soit capable de mettre en place des stratégies qui lui permettront de maintenir son autonomie et de gérer sa douleur. La compréhension des problèmes et de leurs origines est très importante pour permettre au patient d’être proactif et d’adopter les bons comportements.

La prise en charge d’un patient atteint de cancer en physiothérapie se doit d’être globale et sécuritaire pour atteindre les objectifs qui lui tiennent à cœur. Ensemble, avec le physiothérapeute, ils forment une équipe pour bien traverser cette période difficile et ensuite la mettre derrière lui.

ERGONOMIE AU TRAVAIL

ergonomie au travail - position idéale travail de bureau

Auteur : Julie Tomaselli, B. Sc., pht

Plusieurs d’entre vous sont appelés, dans le cadre de leur travail, à demeurer assis pour de longue périodes devant un ordinateur. Il est important dans ces circonstances de respecter certaines conditions afin d’éviter que votre travail devienne synonyme de douleur.

Idéalement, vous ne devriez pas demeurer dans la même position pour des périodes prolongées : prenez de courtes pauses ou, si votre travail le permet, varier vos tâches (taper, écrire à la main, aller faire des photocopies…). En ce qui concerne le poste de travail, voici quelques indications qui vous aiderons à mieux l’adapter :

Rappelez-vous que le simple fait d’avoir des outils ergonomiques à votre disposition ne garantit que vous aurez automatiquement une bonne posture ; ils sont là afin de faciliter l’atteinte et le maintien d’une posture neutre (posture ou les articulations subissent le moins de stress). Il importe à chacun d’apprendre à adopter une bonne posture et de la maintenir.

Si malgré ces recommandations, vous avez de la douleur en étant à votre poste de travail, consulter un physiothérapeute pourrait être un choix avisé. En effet, il se pourrait que vous ayez développé certaines limitations qui vous empêchent de bien vous positionner et celui-ci sera alors en mesure de vous aider.

Julie Tomaselli, physiothérapeute

Référence image :

http://www.travailsecuritairenb.ca/docs/OFFICEFRdist.pdf

LE TRAITEMENT MYOFASCIAL

traitement myofascial

Auteur : Jodie Anne Jean, B. Sc., pht

Qu’est-ce qu’un tissu myofascial?

Un fascia est un tissu conjonctif qui contient, entre autres, du collagène, de l’eau et de l’élastine. On en retrouve partout dans notre corps : dans les enveloppes de nos organes, dans les couches du système nerveux, autour de nos fibres musculaires et de nos muscles. Ces derniers sont en continuité et ce sont les fascias qui servent de lien entre les régions de notre corps et entre les systèmes (ex : du nerf au muscle, de l’os au muscle en passant par le tendon). Il s’agit du tissu myofacial. C’est un peu comme une toile d’araignée qui forme une couche protectrice et qui joint ensuite toutes les parties de notre corps. Cette toile s’étend même à l’intérieur des cellules.

Les deux tiers de l’eau de l’eau de notre corps sont contenus dans les fascias. Il est très important de bien les hydrater pour qu’ils préservent une viscosité adéquate assurant ainsi une bonne souplesse.

Quelles sont les techniques de traitement myofascial?

Deux grands types de techniques sont plus utilisés en physiothérapie : l’étirement et la mobilisation du système myofascial.

L’étirement des différentes couches de fascias consiste en un massage profond du tissu conjonctif dans les lignes de tensions ou perpendiculaire aux lignes de tension des fascias. Il peut être effectué avec la paume, les poings relâchés, les doigts ou les pouces. Le coude peut aussi être utilisé dans quelques techniques.

La mobilisation du système myofascial a un effet mécanique sur les tissus par un mouvement oscillatoire régulier produit par le thérapeute entre deux points d’appui sur le corps du patient. Ces points d’appui peuvent être situés là où les tensions sont ressenties par le patient ou distales (éloignées) de la zone douloureuse, là où le thérapeute le juge nécessaire.

Les deux techniques peuvent se combiner aux mouvements actifs ou passifs du corps et dans des positions variables pour un effet plus efficace et plus fonctionnel.

À quoi servent les techniques de relâchement myofascial?

Le but est d’éliminer les tensions du corps et de diminuer l’adhésivité et la friction entre les plans des fascias, que ce soit d’une région à l’autre ou même à l’intérieur d’un seul muscle. Un fascia souple donnera au corps de bonnes qualités musculaires comme la souplesse, la force et le contrôle afin d’assurer un bon fonctionnement musculaire. Il en résultera une optimisation de la posture, une augmentation du confort et une diminution des douleurs.

D’un point de vue histologique, les tensions mises dans les fascias activent la formation de nouvelles fibres de collagène et diminuent l’activité du système nerveux qui contrôle le stress (système sympathique).

Qu’est-ce qu’un fascia perturbé?

Un coup, une cicatrice, une chirurgie, une mauvaise posture, l’immobilité, un changement hormonal et le stress peuvent tous affecter la qualité d’un fascia, surtout en ce qui a trait à ses propriétés visco-élastiques. Ils peuvent rendre les fascias plus épais, plus raides, un peu comme du cuir.

Les fascias « se souviennent » des blessures antérieures comme par exemple, une entorse à la cheville qui a laissé des séquelles de raideur dans les fascias de la jambe. Sans que cela soit nécessairement problématique pour vous, cela pourra peut-être vous occasionner des maux relativement distants de la blessure initiale, par exemple au genou, lorsque vous voudrez commencer le jogging ou la randonnée en montagne. Un problème lombaire non traité peut finir par provoquer des raideurs à la hanche, à la cuisse et à la jambe et contribuer à des douleurs du fascia plantaire à la suite d’un changement de chaussures. Donc, plus on accumule de blessures et de mauvaises postures, plus les raideurs s’accumulent dans les fascias s’ils ne sont pas relâchés.

Les conséquences de raideurs non traitées dans les fascias peuvent occasionner des douleurs (trigger point ou point gâchette), des changements de posture, une diminution de la mobilité d’une articulation et de la raideur matinale.

En présence de tels symptômes, il est approprié de faire évaluer sa condition par un physiothérapeute qui combattra les raideurs myofasciales et articulaires tout en faisant le lien entre les différentes structures composant notre système musculosquelettique dans le but d’obtenir un résultat optimal.